Questions fréquentes

1. L'empreinte écologique, c'est quoi ?

Que ce soit pour se nourrir, se déplacer, se loger ou gérer nos déchets, nous prenons à la planète des ressources naturelles. Tout va bien tant que nous ne prenons pas plus que ce que la nature peut nous offrir. Mais est-ce que nous prenons plus ? C'est à cette question que tente de répondre l'empreinte écologique. Votre empreinte écologique est une estimation de la superficie dont la terre a besoin pour subvenir à vos besoins, sans épuisement des ressources. Votre empreinte écologique vous permet de mesurer votre influence directe sur la nature.

2. Combien nous offre la nature ?

Nous allons tout mesurer en terrains de foot (un terrain de foot = 50 x 100 m = 1/2 hectare). Si l'on compte la superficie totale de la planète terre, il y a environ 15 terrains de foot par personne pour 6,7 milliards de personnes. Après avoir enlevé les océans, les déserts, les glaciers et tous les endroits où l'on ne peut ni vivre ni cultiver la terre, il reste moins de 4 terrains de foot par personne. Si on admet qu'il faut réserver un quart de cet espace pour les autres espèces animales, il reste environ 3 terrains de foot disponibles pour chacun des 6,7 milliards d'individus vivant à l'heure actuelle.

3. Quelle est notre empreinte écologique ?

Pour une seule personne vivant en Europe, la terre a besoin en moyenne de 10 terrains de foot pour subvenir à ses besoins sans épuisement des ressources. La moyenne mondiale est d'environ 5 terrains de foot par personne. En hectares, il y a environ 1,8 ha disponibles par habitant sur terre alors que nous consommons aujourd'hui quelques 2,3 ha par habitant. Cela veut dire que nous sommes déjà en train d'épuiser les ressources naturelles. Oui, nous consommons déjà plus que ce que la terre peut nous offrir sur le long terme. Nous sommes loin du développement durable. Il suffit de mettre ces résultats dans la perspective d'une population mondiale de 9 à 10 milliards d'individus en 2050, associée à notre soif de croissance, pour se dire qu'il est grand temps d'agir.

4. Comment explique-t-on le fait que - pour 1,8 ha disponibles par habitant, l'humanité consomme en moyenne 2,3 ha/hab. ? D'ou viennent les 0,5 ha/hab. supplémentaires si nous n'avons qu'une seule planète ?

Le problème est exactement le même que lorsque vous gagnez 1'800 euros par mois mais vous en dépensez 2'300. Ce dépassement mensuel est possible si vous puisez dans votre capital (ou si vous vous endettez). Votre salaire de 1'800 euros représente la part de vos ressources qui sont renouvelables et c'est à cela que correspondent les 1,8 ha d'empreinte écologique disponibles. Les 0,5 ha d'excès de consommation par rapport à nos ressources sont puisés dans notre capital non renouvelable. L'exemple typique c'est le pétrole - une ressource naturelle qui a été capitalisée sur des millions d'années et que nous épuisons en quelques siècles. Cette situation n'est pas viable à long terme car le capital s'épuise et un jour nous ne pourrons compter plus que sur notre "salaire mensuel", soit 1,8 hectare par personne et par an. Notre seule source de revenu c'est le Soleil et nous savons qu'il n'y aura pas d'augmentation de revenus (sauf à aller exploiter l'énergie solaire dans l'espace ou encore les ressoucres énergétiques d'autres planètes...). Ainsi, notre seule chance de survie à long terme sur notre planète c'est de vivre en deçà de nos revenus, soit avec moins de 1,8 ha par personne (pour une population de 6 milliards...). Mais le problème se complique car la population augmente et que certaines ressources se déprécient (qualité de l'air, de l'eau, des terrains cultivés...) nous devons donc viser une consommation moyenne bien inférieure à 1,8 ha/hab !

5. Que représentent vraiment ces "terrains de foot" (ou qu'est-ce qu'un "hectare global") ?

L'empreinte écologique représente un échantillon modélisé de ce que peut nous offrir la terre en termes de "surface biologiquement productible". Les déserts, glaciers, océans et autres endroits inhospitaliers (non productifs) ne sont pas comptés. Avec la même répartition que sur la surface de notre planète, chaque terrain se compose de surfaces cultivées (12 %) pâturages (26 %) forêts (40 %) et zones côtières (22 %). Avec cette répartition moyenne, on définit les hectares globaux. Cette notion est très utile car chaque type de surface aura une productivité différente. Ainsi nous évitons de comparer des hectares de forêt avec des hectares de pâturages et calculons toutes les empreintes en hectares globaux. Le modèle considère que chacun de nous doit puiser dans ces surfaces productives pour mener son train de vie. L'ensemble de ces surfaces sur terre correspond à moins de 2 hectares globaux (4 terrains de foot) par personne pour 6,7 milliards d'individus, en tenant compte d'une faible proportion (12 %) de terrains productifs que nous laisserions à l'état naturel pour les autres espèces vivantes.

6. Comment l'empreinte écologique est-elle calculée ou comment transformer, par exemple, des litres d'essence en hectares de terrain ?

Le modèle se base sur des hypothèses pour transformer des ressources consommées en terrains de foot (qui seraient nécessaires pour produire ces ressources de manière durable).

Une contribution majeure (environ les 2/3 pour la Suisse) à notre empreinte écologique, c'est la consommation d'énergie fossile (comme vous pourrez le constater en modifiant votre réponse à la question des voyages en avion). Le modèle calcule le nombre d'hectares de forêt nécessaires pour absorber les kg de CO2 émis - en supposant une forêt "moyenne", représentative de la moyenne des forêts dans le monde. Un autre facteur de conversion pourrait être le nombre d'hectares qu'il faudrait cultiver en biocarburant pour nous fournir la même énergie que celle consommée sous forme d'énergie fossile. Cette conversion d'énergie en hectares est à notre avis le point faible du modèle. Pour s'affranchir des critiques à ce sujet, les auteurs ont choisi de privilégier les hypothèses conservatrices, c.a.d. que l'empreinte calculée est inférieure à la réalité. L'empreinte écologique de l'humanité dépasse ce que la terre peut fournir sur le long terme - malgré les hypothèses conservatrices - le message reste valide malgré les incertitudes.  Concernant les biocarburants, le message est sans appel. La terre n'est pas assez grande pour nous fournir l'équivalent de notre consommation actuelle d'énergie en biocarburants...

Si vous consommez de la viande, il s'agit de tenir compte de l'espace cultivé pour nourrir les bestiaux, des intrants (énergie, engrais, eau, etc.), du transport, de la cuisson et des déchets produits à chaque étape du processus. Ainsi l'empreinte écologique d'un repas de viande est 5 à 10 fois plus grande que l'empreinte écologique d'un repas végétarien. Pour en savoir plus, merci de nous écrire. Nous offrons des formations pour ceux qui veulent être initiés aux algorithmes.

7. Pourquoi est-ce que, même en étant le plus respectueux de l'environnement dans toutes mes réponses, je ne parviens pas à faire diminuer mon empreinte écologique suffisamment pour un monde durable ?

En simulant une modification de comportement, vous pourrez découvrir comment diminuer votre empreinte. Mais vous ne serez pas le premier déçu en constatant que même avec un comportement des plus raisonnables vous ne parviendrez pas à réduire votre empreinte suffisamment pour permettre à tous les autres habitants de notre planète de vivre comme vous. Il y a plusieurs raisons à cela. D'abord c'est le fait que le modèle se base sur la société européenne pour faire ses moyennes. Et dans votre empreinte personnelle, sont comptés un certain nombre de postes incompressibles : il s'agit des services publics dont vous bénéficiez ainsi que des services privés qui n'entrent pas dans la liste des questions posées (banques par exemple). Cela ne veut pas dire qu'une société durable est impossible mais plutôt que notre modèle de société européenne n'est pas durable et que ce calcul simplifié fait beaucoup de suppositions afin que la somme des empreintes des individus soit environ égale à l'empreinte du pays dans lequel il vit.

8. Que faire ?

A nous de réagir. Si un changement de comportement est indispensable, il ne sera pas suffisant et il ne doit surtout pas nous enfermer dans un carcan de culpabilité et de défaitisme qui serait contre productif. La société n'est pas durable, il faut donc l'aider à évoluer. Nos choix en tant que "consom'acteurs" font certes évoluer le marché mais nous pouvons aussi nous engager politiquement sur notre commune, participer à des initiatives locales, devenir membre d'associations comme Agir 21, nous inscrire dans des coopératives d'habitation et de maraîchage, participer à l'émergence d'une économie plus juste et solidaire etc.